djourou
une corde à ton cou
CRITIQUES

 


«Djourou», la dette au cou
Un documentaire impertinent sur la faillite politique et économique du Mali.

Par Christian LOSSON
mercredi 08 juin 2005


djourou est un ofni (objet filmé non identifiable) proche de l'arte povera. Ça tombe bien : il est question de pauvreté (durable) et d'exclusion (insoutenable). Images nourries d'archives, sons mâtinés de commentaires littéraires, ce film se penche - sans s'épancher - sur l'étau de la dette (djourou signifie dette et corde au cou). On est au Mali, que la communauté internationale range, par euphémisme, dans les PMA, les pays les moins avancés.
On s'y fraye un chemin sur les raisons d'«une excision économique». Ou comment les pays du Nord filent d'une main (les aides publiques au développement) ce qu'ils reprennent dix fois de l'autre (la rente de la dette et les subventions agricoles à leurs paysans). Résultat, depuis vingt ans, sous la dictée et les diktats du FMI, les seuls intérêts de la dette extérieure à rembourser dépassent le budget consacré à la santé et à l'éducation. Et l'espoir démocratique né en 1991 se retrouve étranglé par le noeud coulant des pays riches. Noué avec la complicité des élites locales, corrompues ou aveugles.
Olivier Zuchuat avait déjà planché sur la spéculation des marchés des changes. Mathématicien et adepte de la théorie des collisions, il fracasse en douceur les certitudes. Questionne plutôt qu'il n'assène. Avec un vrai regard sur le mal-développement. Qui écorche les tiers-mondistes béats, étripe les laudateurs de la mondialisation. Un bijou aussi visuellement mal poli qu'il est politiquement malpoli


 

Critique
"Djourou, une corde à ton cou" : le Mali, cas d'école du surendettement, vu au prisme de la vie quotidienne
LE MONDE

Djourou est un mot du vocabulaire bambara dont la signification résume la problématique du film d'Olivier Zuchuat. Djourou réunit sous le même vocable les notions de"dette" et de "corde au cou" . Olivier Zuchuat relève ici brillamment un défi : celui de faire un cours d'économie sur grand écran, dénoncer la spirale des dettes des pays sous-développés à partir de l'exemple du Mali, premier producteur de coton d'Afrique de l'Ouest.
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Rappels historiques : en 1961, le Mali indépendant porte au pouvoir l'ancien instituteur socialiste Modibo Keita qui emprunte des millions mais ne parvient pas à faire sortir son pays de l'âge du forgeron.
En 1968, avec l'appui de la France de Pompidou, un putsch propulse le parachutiste Moussa Traoré à la tête de l'Etat. "Un dictateur militaire vaut mieux qu'un utopiste trop proche de Moscou et de Castro" , raille Zuchuat. Devenu république bananière en proie aux répressions, purges et procès politiques, le Mali s'enlise. Il bénéficie dans les années 1970 de prêts des banques centrales de pays industrialisés en quête de débouchés,"aides liées" que Zuchuat résume en ces termes acides : "Je te prête de l'argent avec des intérêts, mais avec cet argent tu m'achètes mes produits, mes technologies et mes centrales hydroélectriques. Pour la forme, je proteste un peu au sujet des droits de l'homme mais j'évite les sujets qui fâchent." Epauler les pays en voie de développement est une affaire rentable.
A la suite de corruptions, détournements, "mauvaises gestions", le Mali se retrouve surendetté. En 1980, il a accumulé une dette extérieure de 700 millions de dollars, équivalant à la moitié du produit intérieur brut. En pleine crise financière, les Etats-Unis imposent à la finance internationale le triplement des taux d'intérêt. La dette du Mali double, ses prêts sont diminués de moitié, ses exportations de coton s'effectuent à prix réduit et ses importations à prix croissant. Le Fonds monétaire international interdit aux Maliens de subventionner l'achat d'engrais pour le coton, alors que c'est justement la vente de coton qui rembourse la dette malienne, désormais quadruplée.
Depuis 1991, le Mali a retrouvé un gouvernement démocratique et a bénéficié de deux allégements de sa dette mais n'a jamais récupéré l'argent détourné par Traoré et reste sous le joug des pays amis à la générosité vampire. Tout ce qui est dépensé pour le remboursement de la dette est un manque à gagner pour la santé et l'éducation.
Comment faire passer un discours aussi ingrat et aussi complexe que la dette internationale en images ? Sobrement, Olivier Zuchuat réussit à signer un film passionnant en dissociant images et son.
En dehors des interviews assez brèves du ministre malien des finances, d'un expert en économie du développement, d'avocats helvétiques chargés de retrouver l'argent de la dictature dans les coffres des banques suisses, d'un représentant du FMI, de quelques paysans planteurs de coton et d'un histrion de village dépeignant le PAD (Programme d'aide au développement) comme "un monstre invisible" , il ne nous donne à voir que des actualités filmées et des plans fixes de rues où les Maliens vaquent à leurs occupations.
L'image échappe ainsi à l'illustration littérale du discours de l'auteur pour proposer en parallèle une autre approche, celle d'une vie quotidienne au Mali qu'il n'est nullement utile de commenter.
Le texte qu'Olivier Zuchuat lit en voix off a de son côté la qualité d'être brillant et explicite, caustique à l'encontre de l'"implacable mathématique" des puissants, égayé de références littéraires qui vont d'un haïku d'Henri Michaux à une phrase de Jacques Derrida.

Documentaire français. (1 h 04.)
Jean-Luc Douin
Article paru dans l'édition du 08.06.05


 

 

Djourou, une corde à ton cou
Comme bien des pays africains, le Mali va droit dans le mur. Amené à produire de plus en plus de coton, alors que le prix du marché s'effondre. Et condamné à s'endetter toujours plus pour rembourser des intérêts qui, à la longue, sont devenus supérieurs aux sommes empruntées. « Djourou » signifie « dette », mais aussi la corde que les désespérés se passent au cou pour se pendre. Réalisé par un ex-mathématicien, le film explique avec une logique sèche les méandres d'une politique mondialiste qui mise sur la dette pour appauvrir les pauvres et enrichir les riches. Constat éclairant et désespérant.
Pierre Murat

Edition du 8 juin 2005


 

 

culture
L’écrasante logique des mathématiques
Documentaire. En prenant appui sur l’exemple éloquant du Mali, Olivier Zuchuat signe ici un réquisitoire en règle sur la dette de l’Afrique subsaharienne.
Djourou, une corde à ton cou,
documentaire d’Olivier Zuchuat. France, 1 h 4.
Comment l’aide au développement est-elle devenue ce piège qui étrangle chaque jour davantage les populations qui auraient dû en « profiter » ? Un instrument de la poursuite de la prédation des économies du Sud par les pays du Nord par d’autres moyens - pour paraphraser Clausewitz ? Olivier Zuchuat s’efforce de répondre dans un « essai économique » écrit à la première personne et centré sur l’exemple du Mali. Celui qui signe avec Djourou, une corde à ton cou son troisième film documentaire a fait des études de physique et de la recherche en théorie des collisions avant de s’essayer à la mise en scène de textes de Bertolt Brecht et de Heiner Müller.
C’est pourtant sa rencontre avec Sans soleil, de Chris Marker, qui détermine son désir de cinéma. On retrouve un peu de cette trinité originaire dans la construction de Djourou... : un commentaire volontiers littéraire, voire théâtral, doublé d’une manière d’organiser des collisions entre les discours des protagonistes d’une tragédie moderne dont on se demande s’ils vivent sur la même planète. Quoi de commun en effet entre un fonctionnaire du Fonds monétaire international qui, le costume impeccable, tricote sigles technocratiques et autres « points d’achèvement » à l’appui d’un credo dont les dégâts, eux, sont réels, et ces villageois maliens qui prennent la caméra à témoin de leur impuissance ? Zuchuat ajoute un troisième ingrédient à ce dialogue de sourds, les archives des actualités cinématographiques maliennes, pour montrer comment cette « histoire de dette est aussi une dette de l’histoire » : celle d’un pays qui a connu la férule d’un dictateur féroce, Moussa Traoré ; parvenu au pouvoir par un coup d’État avec l’appui de la France en 1968. Pendant son règne, le Mali a reçu des millions de dollars à des taux très bas qui ont servi à financer des routes, des usines, un barrage, mais qui ont surtout été détournés pour garnir des comptes en Suisse. De cette gabegie, le Mali ne s’est pas encore relevé, plombé par la baisse continue des cours du coton (sa principale ressource en devises), étrillé par des ajustements structurels successifs, étouffé par la logique du « marché de la dette » et de cette curieuse mathématique financière qui veut que le pays ait déjà remboursé aux pays riches sept fois les montants empruntés alors que sa dette a été multipliée dans le même temps par quatre !
« Le progrès rembourserait, disait le parti [le Parti unique de Moussa Traoré - NDLR]. Le progrès rembourserait, disaient les bailleurs de fonds. Le progrès rembourserait... », constate le commentaire sur un raccord qui, d’une archive en noir et blanc montrant une salle de machines « futuristes » des années cinquante, passe aux couleurs actuelles d’une forge d’un autre âge. Car le Mali continue de vivre à l’âge du forgeron. Alors, « qui aide qui ? ». Au terme de ce court voyage dans les arcanes d’une modernité obstinément insupportable, le spectateur se sera certainement fait une opinion. Reste que les ressources du cinéma mobilisées par Olivier Zuchuat peinent à dépasser le stade d’un réquisitoire en règle et distancié. Ni plus ni moins méritant que d’autres films creusant une veine similaire.
Emmanuel Chicon
Article paru dans l'édition du 8 juin 2005.


 

LE NOUVEL OBSERVATEUR

Djourou, une corde à ton cou
Documentaire français. 1h04.

Une leçon d’économie altermondialiste, sensible et limpide, par un jeune cinéaste d’origine suisse. Son sujet : illustrer la dette des pays d’Afrique, à travers le cas du Mali. Un pays qui a déjà remboursé sept fois l’aide au développement reçue dans les années 1970, mais qui continue d’emprunter pour payer les intérêts de ses dettes originelles. Un pays qui vit essentiellement du coton, et qui ne fabrique pas un tee-shirt. Nul n’ignore que le marché mondial est une farce sinistre, mais des piqûres de rappel sont indispensables, en antidote à la rhétorique des politiques et des technocrates.
Gilles Verdiani


 

Djourou, une corde à ton cou

Documentaire d'Olivier Zuchuat (Fr 2004 1h.)

Une enquête ennuyeuse et à la voix off omniprésente sur la dette extérieure qui étrangle le mali.


 

 


Djourou, une corde à ton cou
de Olivier Zuchuat (Suisse)
Olivier Barlet
publié le 17/06/2005

"Je suis né dans un pays qui accueille plus volontiers l'argent des étrangers que les étrangers". Le ton de ce film sera résolument personnel. Et les images saccadées de cygnes sur le lac Leman annoncent elles aussi un ton décalé chaque fois que le commentaire se penche sur la relation au sujet. La Suisse ne sera pas le lieu du film, même si l'on y retourne pour suivre les traces des comptes où viennent dormir l'argent détourné. Car c'est bien l'Afrique le centre, et plus spécialement le Mali.
Ce que nous conte Olivier Zuchuat avec la douceur du désespoir est tout aussi édifiant que Le Cauchemar de Darwin mais il n'utilise pas les ficelles éculées du sensationnel misérabiliste : ce film n'aura pas le même succès public mais il servira sans doute davantage son sujet. Le sérieux adopté dans l'approche le fait passer du reportage fondé aux archives historiques pour cerner en partant de l'exemple du coton malien les différentes strates du cycle infernal de la dette. Le réalisateur assume ses choix, non seulement par son commentaire engagé qui annonce clairement la couleur, mais aussi et surtout par la façon dont il donne la parole aux intéressés. Il est frappant de voir à quel point le degré de conscience et même de rhétorique du paysan malien est tout aussi élevé que ce dont témoigne leur ministre : tous ne peuvent que tirer un accablant constat d'un engrenage sans fin. Toute la chaîne est endettée, du paysan à l'Etat et chacun s'endette pour payer la dette. Le film n'est donc plus l'histoire de la dette mais la dette de l'Histoire. Et nous voilà parti dans les actualités d'époque qui nous rafraîchissent la mémoire sur l'Histoire malienne : sous Modibo Keïta, on croit que le progrès socialiste remboursera la dette, c'est du moins ce qu'affirment aussi bien le parti que les bailleurs. Sous Moussa Traoré, l'aide au développement sera l'arme de la France pour s'acheter la dictature. Pas de souci : elle est liée – les prêts financent les entreprises françaises. Comme le dit Georges Bataille, "la dépense n'a pas été productive" et la perfusion est devenue ponction. Les dix ans d'Alpha Oumar Konaré ne renverseront pas la vapeur des compromissions et corruptions, si bien que les rapeurs peuvent chanter : "Les magouilles dans notre pays, on va tout vous raconter".
Qui s'endette perd sa liberté : FMI et Banque mondiale font les politiques et serrent la ceinture, tandis que le remboursement de la dette est plus cher que les budgets de l'Education et de la Santé réunis. Dans son ironie amère, le film cherche des métaphores et les mets en images : des fillettes s'escriment à puiser de l'eau tandis que le commentaire nous parle d'une Afrique qui cherche à mettre la tête hors de l'eau.
Ce n'est qu'à ce degré d'illustrations clins d'oeil que le film se dégage d'une scolaire démonstration : la poésie est absente, place au sujet. Les spécialistes sont convoqués dès qu'une explication est nécessaire. Le spectre libéral du Nepad est évoqué par un griot comme un "monstre invisible" : "Vous êtes en train de vous faire avoir à nouveau". Injustice : les Etats-Unis et l'Europe subventionnent leur coton sept fois plus qu'ils n'aident au développement. Et le Mali ne produit pas un seul T-Shirt.
La recolonisation : pour annuler la dette, on la convertit en aide au développement… des entreprises françaises. La publicité de Western Union le dit bien : "J'envoie beaucoup plus que de l'argent". "Je te donne, tu me dois" : quelle puissance voudrait annuler un si bel outil ? Sans avoir la puissance cinématographique d'un cri d'alarme, le film-constat d'Olivier Zuchuat appelle à la vigilance en soulevant le voile des beaux discours de générosité alors même qu'ils font la une des journaux, ce qui est loin d'être inutile.
Olivier Barlet

 

 

Visions du Réel 2005 - Festival International de Film documentaire (Nyon).


« Je suis né en Suisse, un pays qui accueille plus volontiers l'argent des étrangers que les étrangers… Je suis né dans un pays à double visage, qui a su créer la Croix-Rouge et dont les banques ont une responsabilité dans la crise de la dette des pays du Sud… » Ainsi débute Djourou, une corde à ton cou, un réquisitoire implacable d'Olivier Zuchuat, qui démonte, au travers du cas du Mali, la spirale de l'endettement dont sont victimes nombre de pays en voie de développement.
Et pourtant, le Mali avait devant lui un avenir prometteur. L'un des premiers pays africains à connaître l'indépendance au seuil des années soixante, sa production de coton avait de quoi lui offrir de généreuses perspectives sur les marchés internationaux. Las, trois décennies de régime autoritaire — d'abord socialiste, ensuite militaire — ne lui ont pas permis décoller. Pis encore — et le film en fait la démonstration imparable —, il est entré dans une logique de dépendance économique où la dette même se révèle source de profits considérables pour l'Occident.
Tous en prennent pour leur grade : les anciennes puissances coloniales, les révolutionnaires, les dictateurs, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et le Fonds européen de développement. Mêlant considérations historiques et constat économique, ne négligeant pas la situation interne d'un état gangrené par la corruption, convoquant témoins et experts, Djourou, une corde à ton cou dresse un portrait sans complaisance de pays pris dans l'étau de la mondialisation.


Bertrand Bacqué in Catalogue de Visions du Réel 2005 - Festival International de Film documentaire (Nyon).


 

www.cinema-education.fluctuat.net

Djourou, où comment la dette étrangle l'Afrique
Avec son unique salle parisienne et ses deux séances par jour, Djourou, une corde à ton cou pèse aussi peu dans le paysage cinématographique français que le Mali dans l’économie internationale. Raison de plus pour accorder la place qu’il mérite à ce documentaire qui dénonce le scandale de la dette du Tiers Monde.
Ici pas d’interpellation directe du consommateur européen comme dans le Cauchemar de Darwin, mais, à travers le cas du Mali, une analyse rigoureuse et percutante d’un fait économique complexe (quoi de plus virtuel pour le citoyen lambda que ces sommes astronomiques qui planent comme une épée de Damoclès au dessus des populations du tiers-monde) aux conséquences pourtant cruelles.
Par sa construction (voir les critiques du film de Libération et surtout du Monde) alternant images d’archives, plans fixes du quotidien malien et quelques interviews ciblés (un ministre, un paysan, un représentant du FMI), par son commentaire très écrit surtout, le film du suisse Olivier Zuchuat rappelle le superbe Le Profit et rien d’autre de Raoul Peck et sa lancinante litanie : « Je viens d’un pays qui n’existe pas ».
C’est potentiellement (et pour l'année prochaine !) un bon support pédagogique pour le programme de géographie des terminales (principalement le chapitre sur "Les Suds", voire pour illustrer l’explosion des flux financiers mondiaux dans la partie "L’espace mondialisé"), mais il peut également servir en histoire (le film revient sur la décolonisation et l’histoire post-coloniale du Mali) et en SES (pour évoquer le problème du financement de la croissance des pays en développement).
En attendant, on pourra se précipiter aux débats proposés dans les salles autour du film (les 8, 9, 10, 11 et 13 juin à Paris puis en province) mais également approfondir le sujet sur le Net : sur le site du film d’abord (qui propose dossier de presse, articles de presse et interview du réalisateur) puis sur les innombrables sites militants consacrés à l’annulation de la dette ou à la réforme des institutions financières internationales. Pour ne citer qu’un article, le plus clair et le plus pédagogique : La tragédie de la dette en cinq actes, sur le site du Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers-Monde, qui analyse l’origine et la nature (dette privée, dette multilatérale, dette bilatérale) de l’endettement du tiers-monde, expose les causes de la « crise de la dette » au début des années 1980 et raconte l’étau qui se resserre depuis sur les pays pauvres (le Mali par exemple, toujours débiteur de 2,7 milliards de dollars, alors qu’il a déjà payé sept fois les montants empruntés). On pourra compléter par le point de vue plus institutionnel (mais on arrive aux mêmes constats) de la Documentation française.
NB, pour conclure : En bambara, le mot djourou a deux significations : il désigne à la fois la dette et la… corde du pendu.
[Djourou, une corde à ton cou d'Oliver Zuchuat, 2003 Distribution : Paradoxe ; sortie le 8 juin 2005]Posté dans Dans les salles par zama le 08.06.05 à 16:01 - 0 commentaire


 

 

JE TE DONNE, TU ME DOIS...
Djourou, une corde à ton cou
Réalisé par Olivier Zuchuat
Ce deuxième film du réalisateur suisse (auparavant mathématicien et dramaturge) est une véritable leçon d’économie filmée, étayée de réflexions personnelles, et qui réussit à ne jamais verser dans le manichéisme.

À l’heure où Tony Blair se rend à Washington pour tenter de convaincre George Bush d’adhérer à son « plan Marshall » pour l’Afrique (annulation de 100% de la dette bilatérale et multilatérale) avant le sommet du G8 en Ecosse, le 6 juillet, voici qu’apparaît sur les écrans français Djourou, une corde à ton cou. En bambara, « djourou » signifie à la fois « dette » et « corde au cou ». Un documentaire militant de plus en faveur de l’annulation de la dette ? Peut-être, mais un documentaire très fourni et -précisément- documenté, évitant de la sorte tout manichéisme.
Pour cela, le réalisateur convoque d’abord l’histoire ; en utilisant des archives d’actualités filmées, il pose le préalable indispensable pour comprendre comment le Mali en est venu à cette situation. Quelques rappels : en 1961, le socialiste Modibo Keita est porté au pouvoir d’un Mali indépendant. Alors que les colons sont partis et que l’Angleterre fête le bicentenaire de sa révolution industrielle, le Mali s’enlise dans l’âge du forgeron. En 1968, le dictateur militaire Moussa Traoré prend le pouvoir à la faveur d’un putsch. L’homme sur lequel la faute devrait ressurgir uniquement ? Dans les années soixante-dix, le Mali emprunte à tout va aux banques et institutions financières du Nord qui cherchent à placer leurs « pétrodollars », et une spirale sans fin s’amorce alors. Corruption, mauvaise gestion et détournements pèsent encore sur le Mali d’aujourd’hui. Depuis 1991, le pays a retrouvé un gouvernement démocratique avec Amadou Toumani Touré à sa tête depuis 2002, mais n’a jamais récupéré l’argent détourné par Moussa Traoré. La dette ? « Quel puissant voudrait annuler un si bel outil ? » questionne le réalisateur en voix off, « je te donne, tu me dois ».
Un adage qui prend tout son sens dans la bouche de James Wolfensohn, ex-président de la Banque mondiale, qui déclare, lors d’une conférence de presse à Manille, en mars 2000 : « Si vous avez une société basée sur l’annulation de la dette, qui investira dans la dette ? L’annuler bousillerait le marché ». Constat brutal et sans appel mis en exergue, comme d’autres, distillés au fil du commentaire. Bien que le Mali ait payé sept fois les montants empruntés, sa dette est aujourd’hui estimée à 2,7 milliards de dollars.
Filmer la dette, expliquer les rouages de la macroéconomie n’est pas a priori très cinégénique. Mais Zuchuat fait de son documentaire un véritable essai filmé à la première personne, qui prend parfois des accents méditatifs. Le réalisateur convoque ainsi Michaux ou encore Derrida (il a fait des études de lettres et de philosophie après sa formation de physicien), apportant le côté humain nécessaire pour ingurgiter une telle leçon d’économie. De même, en choisissant de dissocier les images et le son, il offre au spectateur une esthétique du quotidien au Mali tout en expliquant les rouages de cette dette qui l’étrangle. Zuchuat promène ainsi sa caméra en de nombreux plans fixes dans les rues de Bamako où fourmillent les petits commerçants (la débrouille...), ou dans les champs des campagnes maliennes : un pays qui continue de vivre malgré cette corde à son cou. Djourou est un documentaire passionnant qui possède le grand mérite de nous faire comprendre un mécanisme compliqué.
Sarah Elkaïm
Image © Les Films du Paradoxe
 
Réalisation, montage : Olivier Zuchuat Image : Corinne Maury et Olivier Zuchuat Son : Makanfing Konate, Gautier Soll, Frédéric Choffat Producteurs délégués : Serge Lalou, Virginie Vallat Directeurs de productions : Charlotte Uzu, Bénédicte Félix Etalonnage : Eric Salleron Mixage : Stéphane Larrat Traduction : Abdoulaye Diarra Coproduction : Les Films d’ici, Les Films du Mélangeur, TV10 Angers, avec la participation de TV5, TSR, SVT et du CNC et le soutien de Procirep/Angoa-Agicoa, CNCD -Opération 11.11.11 (Belgique), du CADTM, de la Communauté Européenne et de la Fondation Montorgue. France - 2004 - 64 minutes - Beta numérique -Couleur/NB Français/Bambara sous-titré français.


 

 

O de conduite ( UFFEJ) - mai 2005

Entretien avec Olivier Zuchuat

Vous avez une formation de physicien, comment vous êtes-vous dirigé vers la réalisation de films documentaires ?

J’ai fait des études de physique mathématique en Suisse et en Irlande où j’ai fait un peu de recherche, en théorie des collisions. À la suite de cela, je suis resté quelque peu insatisfait, j’ai trouvé tout cela très, très « froid ». J’ai repris des études de Lettres, en philosophie et littérature française. Au gré des hasards que la vie vous offre parfois, je me suis dirigé vers le théâtre. J’ai commencé à travailler, comme dramaturge ou metteur en scène sur des textes de Bertolt Brecht et de Heiner Müller principalement. J’ai ensuite rencontré le metteur en scène allemand Mathias Langhoff avec qui j’ai travaillé sur une de ses mises en scène, Le Révisor de Gogol. Comme dramaturge, je consacrais beaucoup d’énergie à malmener des textes, à les récrire pour que la scène théâtrale soit en prise avec la grande « bouilloire » qu’est notre monde contemporain. Un jour, je suis allé voir Sans Soleil de Chris Marker. Son film m’a profondément marqué et j’ai eu comme un grand éclair : « voilà, c’est cela que je devrais essayer de faire. »

Votre premier film était déjà consacré à l’économie ?

Pour quelqu’un qui a un passé de mathématicien, les rouages de la macro-économie sont quelque chose de fascinant. Tenter de comprendre les mécanismes des grands flux financiers qui circulent autour de notre planète et leurs influences sur la vie des uns et des autres. Mon premier film s’intéressait à la spéculation sur les marchés des changes. On voyait comment des traders dans les banques arrivaient à lancer des attaques spéculatives qui déstabilisaient les monnaies et faisaient que d’un seul coup des petits paysans thaïlandais voyaient le prix de certaines denrées de base doubler en quelques jours...

Comment êtes-vous arrivé à l’écriture et à la réalisation de Djourou?

Je suis parti au Mali avec ma compagne qui réalisait un film sur la chanteuse malienne Mah Damba. Pendant le tournage de ce film, je me suis rendu compte de l’étendue de la crise de la dette qui sévit en Afrique; De là est née l’idée de ce film.


Dans Djourou vous faites très rapidement un retour sur l’histoire post-coloniale du Mali, le rôle de Modibo Keita après l’indépendance et de Moussa Traoré son successeur marquant le retour de l’influence de l’ancienne puissance coloniale. Et vous n’hésitez pas à faire une comparaison entre le Mali et la Corée, deux pays entrés à la même époque dans l’indépendance.
Le Mali, comme bien d’autres pays africains, a gagné son indépendance au début des années 60 ; la Corée a peu près simultanément. A cette époque, les deux pays avaient des situations économiques et géopolitiques semblables. Aujourd’hui, nous avons une puissance économique majeure qui est la Corée du Sud et d’un autre côté un gâchis absolument terrifiant. C’est une des grandes énigmes. J’ai essayé de disséquer l’histoire du Mali. Les pays colonisateurs se sont retirés alors qu’on était en plein milieu de la Guerre froide. A partir de ce moment, tous les pays du Sud ont été de nouveaux territoires à conquérir idéologiquement et politiquement. Cela a été une bataille à coups d’aide au développement. Le Mali a pris le virage socialiste, les Russes sont arrivés par exemple avec une usine de ciment clés en main, complètement surdimensionnée et qui n’a jamais vraiment fonctionné. On a emprunté beaucoup d’argent, mais est-ce que le Mali était réellement prêt à passer en 10 ans d’une espèce de préhistoire coloniale à l’ère industrielle ? Il n’y avait qu’un seul lycée pour tout le Mali quand les Français étaient là. Et tout d’un coup, à l’Indépendance, le pays se retrouve avec un afflux massif de nouvelles technologies qui arrivent mais il n’y a pas de travailleurs suffisamment qualifiés pour les utiliser et de la sorte tous les emprunts qui ont été faits pour les financer n’ont pas été « rentables ». Les tigres de l’Asie s’en sont mieux tirés, mais à quel prix…


Le système de la dette est entré dans les mœurs des systèmes financiers dopés par la mondialisation. Un peu à la manière des crédits « revolving » proposés aux petits emprunteurs de nos pays. Qu’en dites-vous ?
Il y a une spirale infernale qui s’est mise en place ; on a fini par prêter de l’argent pour rembourser la dette en faisant ainsi d’autres dettes. En matière de micro-économie, la finance internationale est placée sous la gestion du Fonds Monétaire International qui a un principe : on n’annule aucune dette multilatérale . On peut reporter des échéances mais on n’annule pas. On n’annule que très rarement, de gré à gré, entre les pays. On vient par exemple d’annuler une grosse partie de la dette de l’Irak. La dette irakienne à elle toute seule est nettement plus importante que celle de tous les pays de l’Afrique sub-saharienne réunis. Mais, pour que l’Irak puisse développer son industrie pétrolière au plus vite, on fait annuler cette dette pour accélérer la reconstruction et ainsi faciliter l’accès des multinationales notamment américaines à un pays qui ait des infrastructures en état de fonctionnement. Au Mali, il n’y a pas de pétrole…


Votre film se construit entre plans fixes et un commentaire plutôt littéraire . Pourquoi le choix d’un tel dispositif ?

Quelle esthétique donner à un film qui traite d’économie, d’une idée aussi complexe et inextricable que la dette internationale ? Ce film est construit comme une méditation, celle de quelqu’un qui arpente le pays, et observe patiemment, un peu en retrait. En Afrique, observer en plan fixe une rue, le fourmillement de ces personnes qui essaient de se débrouiller en faisant du « petit commerce » comme on dit là-bas est quelque chose de vertigineux. Une grande partie du drame actuel de l’Afrique contemporaine s’y joue. Il ne s’agissait donc pas d’illustrer les réflexions proposées « à haute voix », mais de proposer en regard des mes interrogations des images pour que tout cela « travaille à l’écran »… Dissociation des images et du son…


Il y dans votre documentaire un point de vue philosophique exprimé à travers des références notamment à la théorie du don de Jacques Derrida. L’aide au développement, est-ce du don?
Plusieurs philosophes, dont Jacques Derrida et Jean-Luc Marion, se sont intéressé à la question du don. La conclusion majeure est que le don absolu est quasiment impossible. Pour chaque « opération de don », il faut une trinité : il y a l’instance qui donne, celle qui reçoit et ce qui est donné. Ces philosophes ont montré que s’il y a un composant de la trinité qui manque, alors il est possible de faire un don absolu. Sinon, le don a toujours comme corollaire une contrepartie, fut-elle uniquement morale… Par exemple, si vous marchez dans la rue, vous déposez un billet de 100 euros sur le sol et que vous partez en courant, vous avez alors fait un don absolu. Le destinataire, vous ne le connaissez pas…
Au nom de l’aide au développement, on a prêté de l’argent aux pays du Sud avec des intérêts à des taux très bas. Le don c’était principalement cela, des taux d’intérêts variables mais initialement très favorables. Mais la trinité dont les philosophes parlent étant réunie, il y a par conséquent une dette, ou des dettes… Le film s’est ainsi intéressé à ces contreparties…


Vous n’avez pas fait le choix de suivre un personnage qui vivrait, subirait, cette dette ? Pourquoi ?
Le Mali fait partie des 10 pays les plus pauvres du monde. J’ai filmé et rencontré de nombreuses personnes qui subissaient de plein fouet les conséquences indirectes de la dette. Mais la juxtaposition dans le film de ces drames individuels et de la réflexion sur les causes du drame à l’échelle macro-économique ne fonctionnait pas. Il aurait fallu faire un autre film…


Propos recueillis à Paris, en avril 2005, par Jean Rabinovici pour "O de conduite" magazine de l'UFFEJ - Union Francaise du Film pour l'Enfance et la Jeunesse www.uffej.net

 


 

Cette dette qui étrangle le Mali
Djourou une corde à ton cou, le film documentaire d’Olivier Zuchuat
mercredi 25 mai 2005 - www.Afrik.com


Djourou une corde à ton cou du réalisateur suisse, Olivier Zuchuat, fait l’état des lieux d’un Mali qui croule littéralement sous le poids de sa dette extérieure. L’œuvre expose les répercussions économiques, sociales et politiques désastreuses de cette situation sur la population.

Par Nadège Ouinsou


« Qui paie ses dettes s’enrichit », dit le proverbe. Pourtant, la réalité malienne va visiblement à l’encontre de cette affirmation. Le film documentaire Djourou une corde à ton cou, du cinéaste suisse Olivier Zuchuat, dresse un bilan catastrophique de la situation économique, sociale et politique du Mali. La principale cause désignée de tous les maux du pays : sa dette extérieure. Ses bourreaux : la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International (FMI).
Les montants empruntés déjà sept fois payés
Le documentaire met en évidence un paradoxe que connaissent la plupart des pays africains. Bien qu’il ait payé sept fois les montants empruntés, le pays s’enlise dans une dette sans fin, aujourd’hui estimée à 2,7 milliards de dollars. « Il y a une spirale infernale qui s’est mise en place ; on a fini par emprunter de l’argent pour rembourser la dette en faisant ainsi d’autres dettes », explique le réalisateur.
Le film s’appuie sur le point de vue de divers acteurs économiques au Mali : un ministre malien des Finances, un expert en économie du développement, des avocats helvétiques chargés de retrouver l’argent de la dictature dans les coffres des banques suisses, des paysans planteurs de coton et un représentant du Fonds Monétaire International.
« Qui aide qui ? »
Le reportage prend bien en compte le caractère multidimensionnel de la dette extérieure malienne. Ainsi, le spectateur qui connaît peu ou prou le pays a la chance de découvrir par la même occasion son histoire post-coloniale. L’auteur ne nous impose en aucun cas une vision manichéenne du monde. Bien au contraire, il expose sans parti pris, les torts partagés entre le Nord et le Sud. Certes, le gouvernement malien miné par la corruption a très mal géré les sommes qui lui ont été prêtées. Mais les pays du Nord, et la France en particulier, n’ont pas intérêt à supprimer la dette. C’est pourquoi le président de la banque mondiale, James Wolfensohn, déclarait lors d’une conférence de presse « si vous avez une société basée sur l’annulation de la dette, qui investira dans la dette ? L’annuler bousillerait le marché financier (ndlr) ». L’œuvre démontre clairement comment « les pays du Nord donnent d’une main ce qu’ils reprennent de l’autre ». Le narrateur pose donc une question cruciale : « qui aide qui » ? Les apparences seraient-elles finalement trompeuses ?
Olivier Zuchuat, a fait des études de physique mathématique. Il a travaillé comme dramaturge et metteur en scène sur des textes de Bertolt Brecht et de Heiner Müler. Passionné d’économie, il considère que « pour quelqu’un qui a un passé de mathématicien, les rouages de la macroéconomie sont quelque chose de fascinant ». Celui qui tente « de comprendre les mécanismes des grands flux financiers qui circulent autour de notre planète et leurs influences sur la vie des uns et des autres » avait réalisé son premier film autour de la spéculation sur les marchés des changes.

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son documentaire est un exposé de maîtrise d'éco avec ribambelle de chiffres…Gregory Alexandre (article entier disponible dans Cinélive n°91, page 70)

 


 

France-culture TOUT ARRIVE

Mots de cinéma (et images)
émission du 08 Juin 2005

Du cinéma, rien que du cinéma en ce mercredi, comme chaque semaine, mais sous différentes formes.
D'abord de la fiction, avec le nouveau et beau film du chinois Jia Zhang-Ké, dans un parc d'attraction. Puis les extravagances et la libido exacerbée à l'oeuvre dans A dirty shame du provocateur américain John Waters.
Puis, en plateau, c'est le suisse Olivier Zuchuat qui nous présente son film qui fait mal : un documentaire sur les rapports Nord-Sud, la dette qui accable les pays en voie de développement, l'argent qui semble plutôt remonter des plus pauvres vers les plus riches... "Qui aide qui ?" s'est-il demandé, avec ce parcours personnel et historique au Mali.
Enfin, après un détour par la riche actualité Chaplin (expo + ressortie de monsieur Verdoux en salles et en DVD), il est question de mots sur le cinéma, grâce aux textes que font paraître les connaisseurs Alain Bergala et Jacques Aumont. Les mots qu'ils écrivent comme un prolongement de l'amour qu'ils portent au cinéma, pour Eisenstein, pour Fassbinder...

Pour écouter l'émission

 

Djourou une corde à ton cou

Un essai économique accablant pour l'occident…
Depuis plusieurs années, le documentaire s'impose comme un genre cinématographique à part entière. Rappelez-vous la palme d'or 2004 décernée à Michael Moore pour son pamphlet contre George Bush, ou encore le succès rencontré récemment par LE CAUCHEMAR DE DARWIN.
C'est au Mali et au problème de ses dettes extérieures que le réalisateur Olivier Zuchuat a décidé de consacrer ce film d'une heures cinq minutes, dans l'ensemble intéressant. Allergiques aux théories économiques compliquées et parfois rasoires, DJOUROU est pour vous : paroles de spécialistes pour nous éclairer et nous permettre de comprendre. L'intérêt réside également dans la diversité des intervenants choisis. Il est difficile d'accuser ce film de prendre partie sans fondement : le ministre des finances du Mali, le simple paysan planteur de coton, des membres du Fond Monétaire International, chacun y va de son avis. Alors les conclusions sont accablantes pour l'Occident, et les plus ardents défenseurs des pays industrialisés ne pourront guère trouver d'arguments valables.
Malheureusement, il manque à ce DJOUROU un petit quelque chose, capable de vous passionner pendant une heure. Est-ce cette voix-off, dont le timbre semble inadapté au sujet ? Quant aux flous artistiques auxquels le réalisateur a recours pour les images d'archives, ils sont parfois inadaptés. Elles auraient gagner en pertinence à être mieux exploitées. Mais soyons indulgents : DJOUROU est sincère sans être larmoyant, parfois révoltant. A voir, pour la cause qu'il défend…
Sophie Cucheval